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Une voie pour éviter des rechutes


Cancer du poumon - recherche translationnelle

Une voie pour éviter des rechutes

Obtenant une réponse chez 70% des patients, les thérapeutiques ciblées se heurtent à une difficulté : l’apparition de résistances après 1 à 2 ans de traitement. Les chercheurs toulousains viennent de découvrir qu’une protéine est impliquée dans les résistances donc les rechutes. 


Avec 40 000 nouveaux cas par an, le cancer du poumon est l'un des cancers les plus fréquents. En augmentation, notamment chez la femme, c’est une pathologie de mauvais pronostic pour laquelle on ne disposait jusqu’à présent que de propositions thérapeutiques insuffisantes.

En 2005, les thérapies ciblées ont révolutionné la prise en charge. 70% des patients répondent à ces traitements contre 35% pour des chimiothérapies traditionnelles. Les résultats en termes de durée de rémission ont été multipliés par deux. Ces nouvelles approches ciblent des anomalies moléculaires des cellules cancéreuses.

Ces progrès se heurtent cependant à une difficulté. Au bout de 1 an et demi en moyenne, des mécanismes de résistance au traitement  apparaissent sous la forme de nouvelles mutations. Dans leur dernière étude « Lung resist », l’équipe du professeur Julien Mazières, oncologue-pneumologue hôpital Larrey CHU/ IUCT-O/CRCT * et du professeur Gilles Favre, directeur scientifique IUCT-O/CRCT, a démontré le rôle de la protéine RHOB dans le mécanisme de résistance. Les résultats de ce travail viennent d’être publiés dans la revue internationale EMBO Molecular Medecine.

« Nous cherchions à comprendre pourquoi à un moment une résistance aux thérapies ciblées apparaissait », explique le professeur Julien Mazières. Deux hypothèses étaient possibles : la première revenait à considérer que les mutations étaient présentes au début de la maladie ; la seconde qu’elles se développaient au contact des molécules médicamenteuses.

C’est cette dernière option qu’ils ont privilégiée. Les médicaments sont efficaces au départ puis au fil du temps des mutations de gènes apparaissent induisant une résistance. Par quel mécanisme se mettent-elles en place ? « Notre programme de recherche a mis en évidence la responsabilité de la protéine RHOB dans ce processus. Elle réactive le programme de survie des cellules tumorales provoquant la rechute », constate Julien Mazières.

Cela a fait l’objet d’une étude in vitro sur des modèles originaux de souris transgéniques qui reproduisent les caractéristiques de la maladie et sur des tissus de patients traités à Toulouse. « Nous avons montré que lorsqu’on bloque la protéine issue de la mutation anormale (EGFR) et la voie de survie appelée Akt, on lève la résistance », conclut le professeur Julien Mazières.

Des essais cliniques vont être prochainement lancés chez l’homme avec l’espoir d’un gain important de temps de rémission.

 

*CRCT, centre de recherche en cancérologie de Toulouse-INSERM